La première greffe de visage a plus de six ans

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Isabelle Dinoire, mordue par son chien, est la première à avoir bénéficié d'une greffe partielle du visage en novembre 2005. À gauche, deux mois après l'intervention, et à droite un an après l'opération. Isabelle Dinoire, mordue par son chien, est la première à avoir bénéficié d'une greffe partielle du visage en novembre 2005. À gauche, deux mois après l'intervention, et à droite un an après l'opération.

Les pionniers français de la chirurgie de la face sont satisfaits des résultats à long terme.

 

Comment va Isabelle Dinoire, la première patiente ayant bénéficié d'une transplantation partielle de vi­sage, le 27 novembre 2005 au CHU d'Amiens? «En dépit des complications à long terme qui sont similaires à celles observées après une transplantation d'organe, la patiente est satisfaite de son nouveau visage et a des interactions sociales normales», concluaient les chirurgiens il y a quelques mois dans la revue Transplantation.

«Chaque jour gagné est un succès, mais cela nous donne aussi la mesure de l'effet du temps sur le transplant», confiait lundi au Figaro le Pr Bernard Devauchelle, pionnier de cette technique avec, notamment, Sylvie Testelin et Sophie Cremades (CHU d'Amiens), Bernard Lengelé (Université catholique de Louvain, Bruxelles) et Jean-Michel Dubernard (CHU Lyon), auteur de la première greffe de la main en 1998. «Un visage change en permanence, s'émerveille le Pr Devauchelle. Le temps est la quatrième dimension de la greffe. Le poids du transplant va alourdir le visage qui va devenir un peu tombant et manquer de tonicité.»

«La peau est le tissu le plus puissamment immunogène»

Car une fois surmonté le défi chirurgical que représentait cette intervention jamais réalisée dans l'histoire de l'humanité, la question de la tolérance immunologique et psychologique de la greffe est venue s'ajouter à celles du résultat esthétique et fonctionnel du visage. «Le fond du problème était le risque de rejet de la peau, se souvient le Pr Jean-Michel Dubernard, car la peau est le tissu le plus puissamment immunogène. Ce qui est lo­gique, car la peau est juste à l'interface entre l'intérieur et l'extérieur du corps.» Pour réduire ce risque, l'équipe française avait associé une greffe de moelle osseuse à la transplantation faciale, mais il fallut tout de même recourir à un traitement immunosuppresseur puissant.

Qu'en est-il aujourd'hui sur le plan immunologique? «Pour le moment, Isabelle a un traitement qui est le même que celui d'une personne à qui on a greffé un rein, c'est-à-dire le traitement minimum», se félicite le Pr Dubernard. Mais le chirurgien reste prudent quand on lui demande si l'on peut désormais être optimiste: «Le recul le plus long est de douze ans et demi avec la première greffe de main. Au-delà, on ne sait pas.»

Une technique expérimentale

On avait presque oublié que la transplantation faciale était encore expérimentale. «Je pense qu'elle le restera encore pendant quatre ou cinq ans», estime le Pr Devauchelle. Et pour cause! Outre qu'elles nécessitent encore un investissement humain et financier considé­rable, jusqu'à présent seulement 23 transplantations, partielles ou totales, ont été réalisées dans le monde.

Sur le plan psychologique, la bonne acceptation par la Française de son nouveau visage n'est pas un cas isolé. Six des huit équipes chirurgicales internationales qui ont aussi réalisé des transplantations faciales se sont récemment réunies: «Jusqu'à présent, il y a une excellente tolérance psychologique. Tous les patients se sont améliorés par rapport à leur état antérieur et aucun n'a regretté l'opération», rapporte Bernard Devauchelle. Son seul regret concerne l'expressivité du visage. «Elle est loin d'être parfaite, concède le chirurgien, On ne sait pas encore bien la restaurer.» Un nouveau défi?

 

Source: sante.lefigaro.fr

Dernière modification le mardi, 15 mai 2012 22:58

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